Les grandes villes bénéficient de moyens et compétences pour ne prendre aucun retard sur l’appropriation de l’IA. Pour les petites villes, c’est un problème… et un enjeu crucial.

Nous avons interrogé le rapport d’activité 2025 de l’Association des petites villes de France

Voici ce que nous en comprenons

Le rapport ne consacre pas un chapitre autonome à l’intelligence artificielle et ne la traite pas comme un objet technologique en soi. L’IA apparaît en filigrane, intégrée à un ensemble plus large : la transition numérique des territoires, les capacités d’action des collectivités et la montée en compétence des élus et des agents.

Quand l’IA est évoquée, elle l’est :

  • comme outil potentiel d’appui (données territoriales, aide à la décision, organisation des services),

  • dans une logique de transition parmi d’autres (au même titre que l’écologie ou la démographie),

  • et toujours subordonnée aux choix politiques locaux, jamais présentée comme une solution magique ou autonome.

Autrement dit, le rapport ne dit jamais : « l’IA va décider ». Il dit plutôt : « les collectivités doivent comprendre, s’approprier et gouverner les outils numériques ».

Les grands thèmes du rapport (dans lesquels l’IA s’inscrit)

1. La capacité d’action des petites villes

C’est le cœur du rapport. Tout est organisé autour d’une question simple et très politique :
les maires ont-ils encore les moyens d’agir ?

L’IA est implicitement concernée ici comme levier possible, mais seulement si :

  • les communes ont l’ingénierie,

  • les compétences humaines sont là,

  • les décisions restent locales.

2. Décentralisation et gouvernance

Le rapport insiste fortement sur la proximité décisionnelle.
Les décisions doivent être rapprochées des habitants, adaptées aux réalités locales, et non imposées par des dispositifs nationaux abstraits.

➡️ Dans ce cadre, l’IA est vue comme un objet de gouvernance, pas comme une simple technique.
Une décision algorithmique n’est jamais neutre : elle engage des choix collectifs, des priorités, des valeurs.

(Ça fait très écho à ta phrase, soit dit en passant.)

3. Données, ingénierie et compétences

Le rapport met en avant :

  • la fabrique de la donnée territoriale,

  • la nécessité de monter en compétence élus et agents,

  • l’importance de l’accompagnement plutôt que des solutions clés en main.

L’IA apparaît ici comme une couche supplémentaire de complexité, qui rend encore plus nécessaire :

  • la formation,

  • l’esprit critique,

  • la compréhension des outils.

4. Démocratie locale et confiance

Dans un contexte de défiance politique, le rapport rappelle que les maires des petites villes sont des points de stabilité démocratique.

L’IA est donc indirectement posée comme un enjeu démocratique :

  • comment décider avec des outils complexes ?

  • qui comprend quoi ?

  • qui est responsable en cas d’erreur ?

5. Refus de la technosolution magique

C’est un point clé, même s’il est implicite :
le rapport ne croit pas aux solutions techniques hors-sol.

Qu’il s’agisse de finances, d’écologie, de sécurité… ou de numérique, le message est constant :
👉 sans moyens humains, sans choix politiques clairs, sans collectif, rien ne fonctionne.

La philosophie générale du rapport (et ce qu’il dit vraiment de l’IA)

Si on devait résumer la position du rapport en une phrase, ce serait presque exactement la tienne :

Une décision impliquant l’IA n’est jamais seulement technique. Elle est toujours politique, territoriale et collective.

Le rapport défend une vision où :

  • l’IA est un outil parmi d’autres,

  • la décision reste humaine et locale,

  • la technologie doit servir la capacité d’agir, pas la remplacer.

En clair (et sans langue de bois)

Ce rapport ne fantasme pas l’IA.
Il ne la rejette pas non plus.

Il dit, calmement et fermement :
le vrai sujet, ce n’est pas l’IA, c’est qui décide, avec quels moyens, pour quels habitants.

Cela correspond bien à ce que dit EVALIR !

 

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