EVALIR

IA & santé · Comprendre, expérimenter, transmettre

Acculturation à l’IA en santé : apprendre à partir des pratiques

Une réponse peut être convaincante et fausse. Un outil peut accélérer une tâche et compliquer le travail d’un collègue. Pour comprendre ce que l’IA apporte, il faut pouvoir examiner ces situations, les discuter et essayer autrement.

EVALIR propose une série d’exercices interactifs pour les hôpitaux, les EHPAD et les acteurs sanitaires, sociaux et médico-sociaux. Une démarche d’acculturation qui part des personnes, de leurs intentions et du travail réel.

14 exercices à explorer Seul ou en équipe Ateliers adaptables

Apprendre à exercer son jugement

L’acculturation se construit dans les situations

Comprendre les possibilités et les limites de l’intelligence artificielle demande davantage qu’une présentation de ses fonctionnalités. Il faut aussi voir comment une sortie est produite, ce qu’elle conserve d’une source, ce qu’elle transforme et ce qu’une personne pourrait en faire.

Dans un établissement de santé ou d’accompagnement, une condition supprimée peut devenir une information trompeuse. Un compte rendu peut transformer une proposition en décision. Un planning apparemment satisfaisant peut déplacer une difficulté vers une autre équipe.

Les exercices donnent un terrain pour examiner ces écarts. On compare, on choisit, on revient à la source et on découvre un retour expliqué. L’hésitation devient une occasion d’apprendre : pourquoi cette réponse paraît-elle crédible ? Que manque-t-il pour l’utiliser ? Qui peut le vérifier ?

Le format vise à développer une capacité de discernement et de dialogue. La réussite à un exercice ne constitue ni une certification de compétence ni une autorisation d’utiliser une IA dans une situation réelle.

Ce que l’on cherche à rendre possible

Formuler une intention, reconnaître une information absente, préserver une condition importante, distinguer proposition et décision, demander une confirmation et observer les effets sur le travail. Ces capacités se construisent par l’explication et la pratique, puis s’éprouvent dans d’autres situations.

Une démarche d’acculturation proposée par EVALIR

Observer, mettre à l’épreuve, expliquer et transférer

Les outils ont leur place : nous expliquons leur fonctionnement et nous apprenons à les utiliser. Cet apprentissage s’inscrit dans une réflexion sur les pratiques. Le point de départ est l’intention des acteurs : rendre une information compréhensible, préparer une réunion, retrouver une procédure ou transmettre une expérience.

  1. Partir d’une situation et de son intention. Qui réalise la tâche ? Pour quel destinataire ? Quelle difficulté cherche-t-on à résoudre ? La même source ne donne pas la même production selon que l’on veut documenter, informer ou faire apprendre.
  2. Mettre une proposition à l’épreuve. Une réponse, un compte rendu ou un choix d’organisation est confronté à des éléments disponibles. Les cas fictifs permettent de s’entraîner sans mobiliser des dossiers personnels.
  3. Expliquer le raisonnement. Le retour ne se limite pas à « vrai » ou « faux ». Il montre le glissement de sens, ses conséquences et les vérifications utiles. On peut revenir sur ses choix et comparer les explications.
  4. Discuter avec les acteurs. Les professionnels apportent les exceptions, les contraintes et les savoirs que la démonstration ne montre pas. Les destinataires aident à apprécier si une information permet réellement de comprendre et d’agir.
  5. Transférer et observer. Un cas nouveau permet de reprendre le raisonnement. Dans un accompagnement, l’équipe définit ensuite les conditions d’un essai, les contrôles et les effets à observer, y compris les reprises et les charges déplacées.

Cette démarche est la méthode d’acculturation qu’EVALIR met en travail dans ces parcours. Elle peut nourrir une découverte individuelle, un atelier, une formation ou une conférence participative. Son intérêt se juge aussi dans ce que les participants parviennent ensuite à expliquer, vérifier et adapter.

Pourquoi relier les exercices à une intelligence vivante ?

Les exercices s’appuient sur un travail de connaissance : sélectionner des sources, préciser leur statut, rapprocher des questions et construire des explications. Ils deviennent des portes d’entrée vers une intelligence vivante, que les retours des acteurs peuvent enrichir.

Dans une organisation, cette assise peut réunir des documents validés, des expériences contextualisées et des ressources de formation. Il faut prévoir les responsabilités et les mises à jour. Une base documentaire, même bien préparée, ne garantit pas automatiquement l’exactitude de toute réponse d’IA.

Choisir une porte d’entrée

Quatorze exercices pour explorer vos pratiques

Il n’est pas nécessaire de suivre un ordre unique. Vous pouvez commencer par une difficulté familière, puis élargir la réflexion. Tous les liens restent accessibles sans utiliser les filtres.

14 exercices présentés

Comprendre et vérifier

Une réponse convaincante est-elle une bonne réponse ?

Comparer des réponses à leurs sources, repérer les conditions supprimées et distinguer une conclusion justifiée d’une formulation persuasive.

Examiner les réponses →
Comprendre et vérifier

Le même document, plusieurs intentions

Explorer ce qui change lorsque l’on veut documenter, donner envie, former ou faciliter une démarche. La qualité dépend aussi du public et de l’intention.

Comparer les intentions →
Pratiques administratives

Rédiger plus vite, mais pour rendre quel service ?

Partir de l’utilité d’un courrier pour son destinataire. Conserver les informations nécessaires et éviter les délais, refus ou engagements inventés.

Repenser le courrier →
Pratiques administratives

Un compte rendu fidèle, sans fabriquer de décisions

Distinguer ce qui a été proposé, décidé et laissé à confirmer. Préserver la mémoire de l’équipe sans donner aux échanges une portée qu’ils n’ont pas.

Vérifier le compte rendu →
Pratiques administratives

Une procédure que les personnes peuvent vraiment utiliser

Simplifier une information sans supprimer ses conditions ni ses solutions d’aide. Examiner ce que le lecteur comprend et peut faire ensuite.

Rendre la procédure utilisable →
Gouverner les usages

Où l’IA entre-t-elle dans le travail réel ?

Observer les tâches, les intentions et les reprises avant de conclure à un besoin d’outil. Faire apparaître aussi le travail peu visible.

Observer les pratiques →
Gouverner les usages

Quel premier usage mérite vraiment un essai ?

Comparer l’utilité attendue, les conséquences d’une erreur et la capacité à contrôler. Choisir un essai qui permet d’apprendre.

Choisir une expérimentation →
Gouverner les usages

Qui vérifie, qui décide, et quand faut-il arrêter ?

Donner au contrôle humain des moyens concrets : une source, du temps, une responsabilité et la possibilité de suspendre l’usage.

Organiser les responsabilités →
Apprendre et transmettre

Bien demander commence par comprendre la situation

Définir public, intention, source et critères avant de rédiger une consigne. Apprendre à exprimer ce qui rendra la production utile.

Construire une demande située →
Apprendre et transmettre

Apprendre à vérifier : où est la preuve ?

Justifier une correction par un passage source et reconnaître ce que les informations disponibles ne permettent pas d’affirmer.

Pratiquer la vérification →
Apprendre et transmettre

Après l’atelier, comment l’équipe continue-t-elle à apprendre ?

Préparer le retour au travail, partager une expérience contextualisée et adapter les acquis à une autre situation plutôt que recopier une recette.

Prolonger les apprentissages →
Connaissances partagées

Quand un professionnel part, que reste-t-il de son expérience ?

Recueillir les repères du métier, leurs circonstances et leurs limites. Distinguer un retour d’expérience d’une règle à appliquer.

Préparer la transmission →
Connaissances partagées

Une base de connaissances fiable : quels documents font référence ?

Identifier les versions, les statuts et les périmètres des documents. Traiter une contradiction au lieu de laisser l’IA fabriquer un compromis.

Examiner les sources →
Connaissances partagées

Une intelligence vivante : pour aider à comprendre et à choisir

Relier connaissances, pratiques et questions dans des parcours utiles aux professionnels et aux usagers. Prévoir aussi leur évolution.

Découvrir l’intelligence vivante →

Un aperçu de la démarche

Une minute pour déplacer le regard

Cas fictif : une équipe réduit le temps de préparation d’un courrier grâce à l’IA. Une collègue doit ensuite reprendre les réponses, vérifier les conditions et rappeler certains destinataires. Peut-on conclure que l’organisation a gagné du temps ?

L’exercice ne mesure pas un bénéfice réel : il apprend à poser la question de son évaluation.

Pour les établissements et les réseaux

Des exercices à adapter à votre organisme

Cette série est une première base de travail. EVALIR peut construire d’autres exercices, reprendre les situations de votre organisme et composer un parcours adapté aux métiers, aux publics et aux questions que vous souhaitez traiter.

Adapter les situations

Une équipe hospitalière peut travailler sur les transmissions et les confirmations entre services. Un EHPAD peut choisir l’information des proches ou la mémoire des savoirs professionnels. Un organisme social peut partir de l’explication des démarches et des conditions d’accès.

Les cas sont construits avec les acteurs. Les documents utilisés sont sélectionnés et préparés dans un cadre adapté ; une formation peut commencer avec des matériaux fictifs, sans dossiers personnels.

Adapter les modalités

Les parcours peuvent soutenir une conférence participative, un atelier entre pairs, une formation par métier ou un accompagnement dans la durée. Les pages en ligne permettent de préparer une rencontre, d’y revenir et de transmettre les repères à d’autres collègues.

Le choix des outils et leur prise en main peuvent faire partie du travail. Ils s’inscrivent dans la clarification des usages, des conditions de validation et du service recherché.

Comment apprécier ce que les participants ont appris ?

On peut demander de justifier une correction, de retrouver une condition dans une source, d’expliquer une limite puis d’appliquer le raisonnement à un nouveau cas. Dans un accompagnement, un retour au travail permet d’examiner ce qui a changé et ce qui reste difficile.

Un compteur d’exercices consultés ou une satisfaction déclarée ne suffit pas à établir une compétence. Les critères se définissent avec l’organisme et doivent rester proportionnés aux objectifs de la formation.

La démarche peut-elle être adaptée à un co-développement ?

Oui, à condition de définir les situations avec les partenaires et de vérifier les sources, les langues et les règles locales. On peut partager un raisonnement pédagogique sans exporter une procédure française comme si elle était universelle.

Le dialogue porte sur les intentions, les ressources disponibles et les formes de transmission pertinentes. Les exercices sont alors co-construits à partir de cette réalité.

Partons d’une question de votre équipe

Quel document crée des incompréhensions ? Quelle production demande trop de reprises ? Quel savoir risque de disparaître ? Quelle utilisation de l’IA souhaitez-vous examiner avant de la développer ?

Ces questions peuvent devenir le point de départ d’un atelier ou d’un parcours d’acculturation EVALIR. L’objectif est de construire avec vous des usages compris, discutés et évaluables.

Échanger avec EVALIR sur votre projet

EVALIR · Marianne Dabbadie, docteure en sciences de l’information et de la communication · Jean-Marc Blancherie. Les situations pédagogiques sont distinctes des décisions cliniques et des règles propres à chaque établissement.

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